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QU'EST-CE QUE LA CRISE DU COVID A ENGENDRÉ?

Le terme « spectacle vivant » peut être défini comme un ensemble des faits qui nécessite un regard extérieur direct du spectateur. Mais cela reste non-définitif. Le ministère de la Culture dit que ce terme « désigne l’ensemble des spectacles produits ou diffusés par des personnes qui, en vue de la représentation en public d’une œuvre de l’esprit, s’assurent la présence physique d’au moins un artiste du spectacle (1)». 


Depuis peu, ce secteur culturel se voit « durement touché par la crise sanitaire » qui a frappé tout le pays, dirons-nous même le monde entier. Cette crise ne touche pas seulement les artistes, mais aussi des entreprises privées et publiques de ce secteur et engendre des conséquences économiques, sociales et politiques. 

Aujourd’hui, cette crise entraîne l'arrêt des activités culturelles tel que la fermeture des salles de théâtre, de cinéma, d’opéra, les annulations de spectacles que nos dirigeants considèrent comme étant des lieux “non-essentiels” à la vie humaine en cette période. Cette crise commence à avoir des répercussions sur l’économie déjà fragile du spectacle vivant et son impact touche dorénavant même son public. 

Depuis le mois de Mars, la France, mais aussi le spectacle vivant sont engourdis dans une crise sanitaire mondiale provoquée par le virus de la COVID-19. Cette dernière touche chaque institution culturelle de différentes manières et chaque théâtre traverse cette crise de manière très spécifique et particulière. 

Entre les reports et annulations des spectacles, festivals, tournées ainsi que la fermeture exclusive des établissements culturels, les compagnies, les artistes et les théâtres se sont  restreints. Ils sont dans l’incapacité d’agir face à cette situation qui paralyse aujourd’hui leurs activités déjà fragilisées économiquement par divers problèmes et crises qu’elles rencontrent depuis des années (2). 

   

Cependant, ils doivent agir afin d’adapter leur travail à la situation. Pour certains, la programmation est décalée pour l’année 2021 avec l’accord des établissements qui les diffusent; et pour d’autres, l’incertitude, l’inquiétude et  le doute des annulations de dates surgissent. 

Les activités sont toujours interrompues jusqu’à mi-Mai 2020 après le premier déconfinement national. La direction générale de la création artistique établit un document qu’elle publie et qui va aider la reprise des activités culturelles. Ce document continue à subir quelques modifications tout au long de cette période, mais la première version est  publiée le 19 mai 2020. Il contient les informations, des consignes strictes relayées par le gouvernement, destinées aux structures culturelles afin d’accompagner la reprise de ses activités selon les ministères de la Santé et du Travail. 

Tous ces gestes barrières imposés impactent la mise en scène ainsi que la création d’une manière ou d’une autre. Pour certains artistes interprètes et metteurs en scène, tel qu’Emmanuel Demarcy-Mota, pour lui, le respect de ces gestes barrières est important et nécessaire. Il veille à ce que les acteurs portent leurs masques pendant les répétitions : « Vous pouvez enlever votre masque à partir du moment où vous êtes à plus de deux mètres cinquante de quelqu'un. Mais vous ne parlez pas avec, évidemment, sans masque ». Mais il a dû revoir toute la mise en scène de la pièce Sorciers de Salem d’Arthur Miller qui n’a eu que trois représentations au mois de Mars compte tenu du confinement. De ce fait, les acteurs répètent masqués jusqu’à la nouvelle mise en scène. Puis, il rajoute en disant que « Mon travail aujourd'hui, c'est de recorriger, retravailler un spectacle en prenant soin de chacun (3)».  

Pour d’autres artistes comme Frédéric Fisbach, pour sa pièce Vivre qu’il définit comme étant « une pièce assez particulière vu les circonstances actuelles ». Il s’agit de croire à l’inespéré. Avant le confinement, la pièce avait pris la tournure d’une fiction dans les années 2026. Pendant et après le confinement, la pièce s’est catéchisée par les questions existentielles. La question de la responsabilité dans la manière de faire est essentielle et importante. Le maintien d’un mètre de distanciation physique et le port du masque pour la sécurité de tous devient compliquée pour lui. Le contact physique et le regard sont des points importants qui soulèvent sa pièce. Mais en travaillant avec des personnes âgées et à risque, il était dans l’obligation de respecter à minima ces recommandations et gestes barrières.  

Louise Roux et Frederico Nepomuceno de la compagnie Hoc Momento nous ont fait part de l’impact qu’ont eu les gestes barrières, notamment dans la gestion de l’espace théâtral et vis-à-vis de l'établissement qui les accueillait. Avec un espace bien aéré et un plateau disposant d’un plafond de plus de 10 mètres de hauteur, la question du port du masque lors des répétitions reste donc une option. Cependant, tout le monde est tombé d'accord pour jouer sans masque. Mais le seul moment où le port du masque était obligatoire, était lors de la rencontre et de l’accueil avec le public.

Ce n’est pas seulement l’application de gestes barrières qui a un impact sur la mise en scène théâtrale, mais ce sont les crises économiques, socioculturelles et politiques qu’engendrent cette pandémie qui se montrent virales face à ce domaine. A ce stade, son impact économique et sociopolitique est manifeste dans la gestion du personnel des artistes. En effet, l'absence de spectacle associée à l'incertitude de l'avenir et à la fin du chômage partiel est une perspective qui fait planer des nuages noirs sur le domaine. 

Avec un chiffre d'affaires de 97 milliards d'euros avant la pandémie du COVID-19  pour une valeur ajoutée de 47 milliards d'euros, le poids de la culture était estimé à 2,3 % de l'économie, avec un secteur marchand composé de 79 800 entreprises. Mais avec l’impact de la pandémie, nous avons une baisse moyenne du  chiffre d'affaires  de 25 % en 2020 par rapport à 2019, soit - 22,3 milliards d'euros. L'effet sera le plus important sur le secteur du spectacle vivant avec -72 %. En réalisant cette évaluation qui date du mois de juillet 2020, le ministère de la Culture espère un retour progressif à la normale d’ici la fin de l’année. Est-ce que cette espérance a-t-elle abouti à un accomplissement (4)?  


Selon les chiffres établis par le cabinet d’audit financier EY, il y aurait une perte de 590 millions d’euros pour le spectacle vivant privé entre le 1er mars et le 31 mai, et 51 % des entreprises culturelles au bord de la faillite. Et, selon une enquête de SoFest, le manque à gagner engendré par la suppression des festivals pèserait entre 2,3 et 2,6 milliards d’euros pour l’économie française. Ainsi que plus de 22 000 intermittents du spectacle et 4 200 permanents sont menacés de disparaître, ou contraints de se reconvertir malgré les mesures gouvernementales acquises. La prolongation des indemnités jusqu’au mois d’août 2021 ainsi que la mise en place de nombreuses aides financières paraissent toujours insuffisantes face à la situation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes; cette absence inattendue des activités culturelles engendre des fortes pertes économiques et financières dans le secteur culturel avec des conséquences sur long terme (5). 


Cette crise a aussi eu un impact sur le spectateur de ce secteur qui n’est pas resté silencieux face aux nouvelles mesures prises par le gouvernement, particulièrement la fermeture des structures culturelles qui sont déclarées comme lieux « non-essentiels » à la vie humaine face à cette pandémie. La société assiste à un bouleversement de ses habitudes culturelles et se sent désarmée et désemparée face à la situation. Mais petit à petit, des artistes investissent des nouveaux espaces, des plateformes telles que Facebook, YouTube, Instagram, TikTok afin de répondre au besoin du public. 

Frederico Nepomuceno répond à cette question de l’essentialité de la manière suivante : « la culture est avant tout essentielle dans un point subjectif personnel. Sinon, je ne la ferai pas ».

Patrice Baubeau dit : « Si l’Etat est la malédiction de temps heureux, il est aussi le secours de temps difficile » (2).   

A la suite de cette déclaration, nous nous posons la question de savoir si c’est la faute de l’Etat si nous affrontons un tel bilan : fermeture des établissements culturels et menace de suppressions d'emplois. Ou ce bilan est-il seulement la conséquence d’un temps difficile que nous traversons tous en ce moment qui fait qu’aujourd’hui nous nous retrouvons face à une telle crise dont nous ne sommes pas certains de sortir de si tôt. Dans ce cas, l’Etat serait-il notre ultime espoir pour sortir de ce gouffre ?

Tous ces impacts sont liés les uns aux autres. Peut-être qu'en résolvant un, nous sortirons de cette impasse et trouverons petit à petit une résolution à cette situation insupportable. 

Tous ces impacts sont liés les uns aux autres. Peut-être qu'en résolvant un, nous sortirons de cette impasse et trouverons petit à petit une résolution à cette situation insupportable. 

Contrairement à ce que dit le gouvernement, nous considérons que la culture est essentielle au développement de la Société et le théâtre y joue un rôle important en transmettant le savoir. La crise du COVID-19 peut être vue comme un événement dramatique ou tragique. que la scène de théâtre représente de telle façon que les événements créent une chaîne d’action qui mène au dénouement de la crise.

NOTES DE BAS DE PAGE

1: MINISTÈRE DE LA CULTURE, SPECTACLE VIVANT (MUSIQUE, DANSE, THÉÂTRE...), MIS JOUR LE 02.12.2020 [CONSULTÉ LE 10.10.2020] URL: HTTPS://WWW.CULTURE.GOUV.FR/REGIONS/DRAC-CENTRE-VAL-DE-LOIRE/NOS-SECTEURS-D-ACTIVITE/SPECTACLE-VIVANT-MUSIQUE-DANSE-THEATRE

2: PATRICE BAUBEAU ET MARTIAL POIRSON, THÉÂTRE EN TEMPS DE CRISE, MIS À JOUR LE 13.01.2016 [CONSULTÉ LE 10.10.2020] HTTPS://WWW.BNF.FR/FR/MEDIATHEQUE/THEATRE-EN-TEMPS-DE-CRISE   

4: MINISTÈRE DE LA CULTURE, L'IMPACT DE LA CRISE DU COVID-19 SUR LES SECTEURS CULTURELS, PUBLIÉ LE 06.07.2020, [CONSULTÉ LE 22.10.2020], URL: HTTPS://WWW.CULTURE.GOUV.FR/SITES-THEMATIQUES/ETUDES-ET-STATISTIQUES/PUBLICATIONS2/COLLECTIONS-DE-SYNTHESE/CULTURE-CHIFFRES-2007-2020/L-IMPACT-DE-LA-CRISE-DU-COVID-19-SUR-LES-SECTEURS-CULTURELS

5: LE SPECTACLE VIVANT GRANDE VICTIME CULTURELLE DU COVID-19, L'OBS, PARU 26.09.2020 [CONSULTÉ LE 30.11.2020], URL: HTTPS://WWW.NOUVELOBS.COM/CULTURE/20200617.OBS30161/LE-SPECTACLE-VIVANT-GRANDE-VICTIME-CULTURELLE-DU-COVID-19.HTML

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JALÈNE MBOMBA MÉLIA

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